26.12.2008
Et mon cul, il est anti-terroriste?
C'est fatiguant, énervant.
Ca provoque chez moi une sensation d'impuissance que je sais être fausse
bien que ça soit mélangé: je n'écris pas de lois et je n'écris pas de journaux censés informer la population.
Je sais à qui poser mes questions.
Je suis en colère.
Les inculpés de Tarnac sont toujours inculpés.



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Commentaires
"je n'écris pas de lois et je n'écris pas de journaux censés informer la population."
Les lois sont écrite par ceux qui sont juge et partie.
Depuis quand les journaux sont censés informer la population ?
Colère ? Oui, envers tout le monde, moi y compris.
Ecrit par : Henri A | 26.12.2008
Henri, on est d'accord. On est d'accord, je crois.
Je suis en colère tout court, pas envie d'être plus précise.
Ce qui va le plus me servir, là, c'est la colère comme énergie du changement.
Je m'exprime mal, ou: pas assez précisément. Ce que je pense, c'est que les journaux sont lus comme étant de l'information.
Et, exactement, les lois sont écrites par ceux qui sont juges et parties, et je n'en écris pas moi-même.
Je peux éventuellement voter, encore que je vive dans un pays qui ne me permette pas de le faire.
Je peux (mais c'est pas sûr) manifester et soutenir.
Ecrit par : meriem | 26.12.2008
J'ai entendu un truc très bien à la radio il y a quelques semaines (jours ?) sur la qualification "terroriste". Aujourd'hui Romane m'a demandé ce qu'il avait fait Julien Coupat. Alors on a parlé de ça. ça m'a fait le plus grand bien , ça m'a secoué mes petites crispations sur la question.
Je n'ai pas trouvé de réponses, mais se mettre en mouvement c'est déjà pas mal.
Concernant la colère, pareil. Problème avec ça la tataiza, mériterait de réfléchir un peu... mais bon. La colère comme énergie pour le changement... oui surement.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
Juste, à propos de ce que Julien Coupat a fait: crois-moi, quand des flics t'écoutent et t'étudient à la loupe à la manière dont ils suivaient les mecs de Tarnac: s'ils avaient quelque chose de concret, de réel, on le saurait tout de suite, c'est clair.
C'est tellement toujours la même chose: faire peur (utiliser les mots qu'il faut pour ça), ne pas donner d'info.
Moi, vu de ma fenêtre, je dirais que tout ça sert à justifier l'existence des lois anti-terroriste, et les lois anti-terroristes servent contre n'importe qui.
L'appellation a particulièrement bien été choisie parce que, comme ça, tout le monde se dit: C'est pas contre moi, c'est contre les terroristes.
Et sinon, en fait toutes les émotions de base ont une fonction, et la colère saine et normale sert à amener au changement. Autant que ça serve, hein!
Je suis d'accord avec toi: se mettre en mouvement, c'est pas mal!
Ecrit par : meriem | 27.12.2008
"Moi, vu de ma fenêtre, je dirais que tout ça sert à justifier l'existence des lois anti-terroriste, et les lois anti-terroristes servent contre n'importe qui."
oui voilà, c'est certain. Ce qui est plus délicat pour moi, comment dire... c'est que cette certitude (et cette colère) je l'avais dans le berceau. A 18 ans, je manifestais (et plus) pour ça, et c'était très clair dans ma tête. Et puis voilà, un jour, je suis devenue allergique (aussi) à ceux qui se servent (aussi) de la peur pour régner. Qui profitent de l'ombre pour nuire. C'est mon histoire de cagoule : je ne peux plus voir une photo du commandant Marcos sans frémir, parce que vu de ma fenètre ...dès qu'il y a cagoule, il y a clandestinité, et dès qu'on est caché, la peur peut fonctionner, et ils s'en servent. C'est un autre type de violence, et une autre colère, mais elle est insupportable, et en vérité, la seconde m'a plus affectée que la première. C'est très difficile, mais c'est comme ça.
Comment dire. La violence de l'Etat et de la Justice. Elle est immense, mais elle ne me surprend pas. Je n'ai jamais rien attendu. je dirais que dans ma vie c'est même l'inverse qui s'est parfois produit :j'ai été agréablement surprise par l'Etat.
L'autre violence en revanche, celle des tiens, je la trouve plus dure à encaisser. Mais ça me fait du bien de parler des lois anti-terroriste. parce que je retrouve pour expliquer à ma fille les vrais mots avec des trucs dedans et toujours de la nuance. J'aime bien lui dire que ce n'est pas si simple.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
Il est toutefois à noter que "cette autre violence" n'est souvent rien comparé à celle de ceux qui ont les armes légalement.
Dans cette affaire-ci, on parle de sabotage et "donc" de terrorisme. Il y a 20 ans, on aurait appelé ça de la rébellion, il y a 60 ans, on aurait appelé ça de la Résistance.
Les combats justes, ou les combats réprimés, ceux qui sont soit l'un, soit l'autre, soit les deux en même temps, comportent des cagoules et de la clandestinité : c'est l'histoire du 20è siècle, avec la CIA qui a armé qui les soutiendrait quand ça les arrangeait.
Et puis Dexia, Fortis et les autres qui menacent le système (ce qui est dans l'un des critères légaux des lois AT) : eux, ne sont pas mis en détention préventive...
On peut énoncer sans fin des lieux communs, mais ce que je tiens à dire : on ne peut pas s'habituer à une violence.
C'est comme un mal de dents : mal à une dent, je vais pas chez le dentiste, mal à deux dents:j'attends encore.
On se retrouve avec des chicots pourris sans avoir eu le temps de bouger.
Savoir ne suffit pas. Attendre que ce soit pire ne suffit pas.
Dossier vide ? Ben si il y a eu sabotage : ça ne change rien. Si le système juge coupable de terrorisme des gens qui ont fait davantage que savoir : c'est bien le signe que c'est du nimportnawak : le terme, comme la condamnation. (on avait un code pénal avant les directives européennes)
Et en toute hypothèse :
Comme disait Georges Blake : un "terroriste" ici est un "partisan" dans l'autre camp.
Ecrit par : agota | 27.12.2008
"n'est souvent rien "
"Les combats justes"
Et oui mais voilà. ça, c'est de la littérature. c'est ce que je pensais à 18 ans. C'est de la politique. Ce n'est pas la vie. Ce sont des grands mots, si je puis dire.
Quand il faut faire au quotidien avec du sang. Du sang. Pas des mots, des morts, des armes, des coups, du vrai sang avec des bouts dedans. C'est plus pareil, d'un coup les mots résonnent différemment, c'est ce que je veux dire. Peu de gens en France ont cette expérience, mais jetez un oeil en Afrique ou ailleurs, en Amérique du sud ... et d'un coup, ce n'est plus si clair, où sont les méchants ? les combats "justes" justifient-ils ... des massacres ? des tortures ? des otages ? ...On peut faire une analyse historique, ouais, mais quand on est du mauvais coté du fusil, ça fait quoi ? ... j'ai bien ri lors de la libération d'Ingrid Betancourt. Les mêmes qui s'offusquent de la lutte anti-terroriste (attention, je suis ok avec tout ce que vous dites, je m'en offusque moi même, à la base... je veux juste dire qu'il faut nuancer un peu) ... se réjouissaient. Or, les ravisseurs en question, ce sont des gens avec une cause "juste", Ingrid Betancourt, une partisante de "l'Etat de droit" (sic).
Pour finir
"un "terroriste" ici est un "partisan" dans l'autre camp."
C'est bien ce que je veux dire. Je me méfie des trucs faciles. C'est facile de défendre Julien Coupat, ma fille de 11 ans a pris son parti direct. Et bien entendu, ces gens là me sont plus proches que les anti terroristes de mes deux. 200 fois même. ça m'a fait du bien de lui dire combien ces lois sont absurdes et dangereuses, d'autant plus de bien que chez moi, je suis souvent opposée à ceux qui tiennent ce discours. Parce que compte tenu du contexte, je trouve qu'il y beaucoup d'abus. ça m'a fait du bien de dire à ma fille qu'il n'y a pas "des méchants" et des "gentils", mais des trucs qui posent problème, vu sous tel ou tel angle, et que chacun, ensuite, à un moment ou à un autre, on fait un choix. Et ensuite il faut l'assumer. mais ce n'est pas simple de choisir. Ce n'est pas une évidence. j'aime pas bien les lieux communs effectivement. Je trouve que ce genre de sujets les appellent alors j'aime bien en discuter.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
Iza, je ne vais pas discuter de: une violence en opposition à une autre violence, sur le thème: ça c'est pas bien mais ça c'est pire.
Mon propos c'est: Quelqu'un a lu ces textes de lois anti-terroristes? Qui les a écrit, à qui servent-ils, qui visent-ils?
Ton trajet a un sens, c'est le tien, il est légitime.
Tu ne peux pas dire que "cette certitude", tu l'avais "au berceau": tu ne sais pas. On ne se connaît pas suffisamment
Tu peux, au maximum, dire que ça t'y fait penser.
Personne ne peut parler de mes "certitudes": il y en a peu. A mon avis tu parles de quelque chose que je ne connais pas qui est la fixité dans les certitudes...
J'entends bien tes nuances, je vois à peu près où tu te situes.
Fais attention quand même: en réalité, tu ne sais pas ce que les gens ont vécu, et tu ne peux donc pas aller trop vite à "C'est du discours, tout ça."
agota ne peut pas être accusée de faire dans la théorie: crois-moi.
agota, j'ai du mal à te répondre parce que je viens de passer du temps pour ma réponse à Iza et je suis au milieu du salon avec du monde et ça me prend la tête.
Mais je suis là et je lis.
Ecrit par : meriem | 27.12.2008
non, non, je ne veux pas dire "Agota pense ça". j'ai extrait des bouts pour illustrer l'effet que me font ces mots en général, tout comme l'histoire de "lois anti terroristes".
quand Agota dit "Il est toutefois à noter que "cette autre violence" n'est souvent rien comparé à celle de ceux qui ont les armes légalement.", elle avance un argument que je connais bien. Mais évidemment je ne connais pas le sens qu'elle y met, elle, j'essaye de dire comment moi, je le reçois.
En l'occurence, il me semble que c'est la seule façon de sortir des lieux communs et d''échanger, c'est dire ce que "ça me fait, moi, avec le sens que j'y mets".
Pour en revenir au début, j'avais bien compris ton propos, je réagissais en disant quel trouble ça soulève en moi, ces sujets, des choses tout à fait contrastées, voire contradictoires.
Sur la "certitude au berceau", je voulais rendre l'effet que ça me faisait à l'époque. Tout me paraissait si clair, le bien et le mal. Je me sentais si sure de ma (mes) cause(s), si certaine que j'avais raison. Je trouve si difficile maintenant de m'interroger, mais si bon aussi.
Sur ces lois et leur but, je ne m'interroge pas beaucoup en revanche : la volonté me parait manifeste de contrôler/diaboliser/désarmer la résistance. J'ai un autre exemple dans le même genre et que j'adore, c'est la lutte contre la dérive sectaire, ça vaut son pesant de caouètes.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
Iza, c'est bien que tu repasses: c'est plus clair pour moi.
Je suis assez d'accord: dire le sens que ça a pour soi permet de commencer un échange d'une belle manière.
Avec moi, et surtout par écrit, il vaut mieux prendre des précautions: je comprends souvent de travers.
Par ailleurs, je trouvais que tu y avais été fort et je répondais à ce que je comprenais.
La dérive sectaire: aaa, en Belgique, pas de liste officielle mais un amas de trucs, c'est informe, c'est dangereux, c'est même pas informé: ça fait peur.
Tu me raconteras!
Ecrit par : meriem | 27.12.2008
c'est drôle parce que je repassais de mon coté pour te dire "ah là là, ça m'a flingué cette conversation ... j'ai pourri mes gosses qui ont pris pour moi, pour me punir d'avoir été maladroite... " et j'allais te dire, "tiens, j'ai réagi à "dans ma tête" en te disant, mais non, faut pas se prendre la tête, tout ça, et là, c'est moi qui me repasse le film en me disant, "et merde, qu'est ce qu'elle va penser qui n'est pas moi du tout"...
J'ai fait ma Meriem quoi... comme quoi, quand on parle de trucs qui comptent, se faire comprendre à l'écrit n'est pas simple ...
ça m'a fait du bien de te lire. à plus ma belle.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
"ça fait peur."
c'est ça le point commun. Si tu ne l'as pas, il faut relire le "guide de l'éducateur" édité par le gouvernement il y a quelques années.... en gros, celui ci doit faire gaffe à tout un tas de trucs qui font que l'innocent jeune peut glisser sur la pente fatale de la secte... sont cités (au hasard) comme facteurs de risques : la science fiction, le goût pour le bio et les médecines alternatives, sans parler des alternatives politiques....
C'est plus de la grosse ficelle, c'est carrément des amarres de ferry ... et c'est passé inaperçu, le reste, je te le raconte en privé, c'est à pleurer.
Ecrit par : Iza | 27.12.2008
Ok, ça arrive, la maladresse.
Je sais ce que c'est, s'emmêler les pinceaux dans l'écrit.
Ca m'a touchée, ton assaut: je ne suis pas sereine et à mon sens, discuter comme ça dessert le propos qui est, ici: faisons attention. Qu'est-ce que je peux/veux faire?
Et: le guide de l'éducateur, je ne l'ai pas mais je sens que ça va me faire pleurer...
Oui, ok pour le mail, par exemple.
Ecrit par : meriem | 27.12.2008
Je suis d’accord avec la méthode Iza à une « nuance » près : le mot « nuance » justement qui a une connotation d’ atténuation ou d’arrondissage d’angles.
J’utiliserais « précision » plutôt ( je sais Iza, je rabache ). Meriem, Agora, Iza, moi et d’autres sommes en colère contre certaines choses, probablement pour les mêmes raisons. C’est dans le « probablement » que Iza voudrait « nuancer » et que je préfèrerais remplacer par un maximum de précisions.
Un bien, un mal, un pouvoir, une justice, une information sont des termes ambiguës.
Un politicien, un policier, un terroriste, un journaliste, un vécu sont des termes ambiguës au carré ( essayer de se mettre à la place de…).
Si je dis à Meriem, « comment va ta chatte ? », il peut y avoir une ambiguïté, mais en gros suivant le contexte j’y vois deux sens. Par contre si je dis, « comment va ta chatte volante ? », ça n’existe pas, il n’y a pas d’ ambiguïté.
« je n'écris pas de lois » et « je n'écris pas de journaux censés informer la population. »
C’est du même genre, cela n’existe pas. Ce que dit là Meriem est irréfutable.
Dès que l’on parle de choses ambiguës comme les exemples plus haut, il faudrait essayer d’être les plus précis possible. C’est en général le reproche que je fais au gens avec lesquels je suis censé être d’accord.
Bonnes fêtes, gens !
Ecrit par : Henri A | 28.12.2008
Hé hé, on a un gros avantage avec Henri, c'est qu'on s'est cognés depuis 2 ans et demi des volumes et des volumes de discussions sur des sujets ... un peu comme ça, chez Thierry.
Question réactivité, du coup, on est un peu rodés. Avec ma jolie dentelle de Meriem, c'est plus délicat, on a intérêt à ranger nos gros sabots et à être plus ...précis ;-)
Ouaip, nuance c'est pas terrible. Précision c'est pas mal, mais c'est pas encore tout à fait à ça que je pense. C'est indispensable, mais il y a autre chose. C'est l'histoire de la "représentation" dont je parle tout le temps. La précision dont parle Henri, permet de situer si oui ou non on parle de représentations , ou de trucs "irréfutables". Dire "ce que ça me fait", c'est essayer de partager sa représentation.
Enfin, je trouve ça passionnant d'en parler, mais dans ces conditions là. Sinon effectivement, on perd beaucoup de temps à se froisser et se défroisser, pour rien souvent.
Ici, je voulais juste partager, parce que je venais de le vivre, combien ce sujet était bizarre pour moi, salutairement bizarre et me remuait un coin qui en a besoin. Et sans doute parce que c'est sensible donc, j'ai réagit fortement à ce qu'avait écrit Agota parce que j'avais eu la sensation qu'elle se méprenait sur ce que je voulais dire... etc ...
A chaque fois c'est la même chose, on répond à "l'idée qu'on se fait de ce qu'à compris l'autre de nous", idée qu'on a décodé à partir de son écrit... qui ne parle pas forcément de nous d'ailleurs. Bref, à l'écrit plus qu'en vrai, ces "précisions" dont parle Henri aident à éviter ça, et du coup à aborder tous les sujets, de manière féconde. Ce qui est certain, c'est que du coup, ça prend un temps fou... donc le plus souvent, je glisse, parce que je n'ai pas le temps. Bonnes fêtes à toi aussi Henri, et à tous... Bises
Ecrit par : Iza | 28.12.2008
(je n'ai pas de chatte: ça n'a qu'un sens, du coup, je crois)
Henri, j'entends parfaitement "précision".
C'est toujours la même chose: on aurait besoin de savoir sur quelles définitions de mots on est d'accord avant de discuter, ça éviterait de s'engueuler parce qu'on ne se comprend pas ou parce qu'on ne aprle même pas de la même chose en utilisant les mêmes mots.
Et c'est là que tu vas devoir me reformuler parce qu'on ne parle pas la même langue: tu veux dire que « je n'écris pas de lois » et « je n'écris pas de journaux censés informer la population. » sont des affirmations "qui n'existent pas"?
Et donc on ne peut les réfuter?
...j'ai l'impression de peser une tonne quand je te fais redire, reformuler.
C'est drôle parce qu'au milieu des échanges aujourd'hui, j'aurais pu hurler tellement j'avais conscience de plein de points dans plein de directions que j'avais besoin d'éclairer, préciser, appuyer, reformuler.
Je ne l'ai pas fait, ou au minimum et ça participe à ma frustration de communiquer comme ça!
Bonne fête toi-même!
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Iza, on a commenté en même temps, du coup je ne t'ai pas vue!
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Henri, quand on me cherche comme ça: j'ai vraiment un humour à la con.
Et maintenant j'ai quand même un peu honte de "je n'ai pas de chatte"!
Mais quand même j'en ris!
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Ce qui allège la frustration je crois, c'est "de se connaitre".
Tu aurais dû lire mes échanges avec Leny au début .... j'avais l'impression qu'il sursautait chaque fois qu'il nous lisait, qu'il se cabrait.... et puis on a dénoué, un à un, les gros noeuds. Et du coup après, on était en confiance, et ... cette confiance, elle permet de dire "c'est pas ça", mais de laisser filer en se disant qu'on aura une autre occasion d'éclairer ça.
Avec Henri pareil, au début j'avais l'impression de ne RIEN comprendre du tout. Je lui faisait TOUT répeter trois fois (à côté, j'ai trouvé que tu parlais le Henri couramment bien plus facilement). Et puis je m'y suis faite, peu à peu. Dès fois, il m'arrive de ne pas comprendre encore, mais ... je laisse filer dès fois, où je réponds à côté, mais sans stress, parce que c'est Henri, et que j'ai confiance.
Voilà, confiance, c'est le mot du jour.
Bises à vous, je vais maintenant essayer d'aborder une meilleure journée que celle d'hier. (je sais, il est tard, mais j'ai pioncé comme un gros tas).
Ecrit par : Iza | 28.12.2008
« (je n'ai pas de chatte: ça n'a qu'un sens, du coup, je crois) »
Très bon, j’en ris.
D’habitude je choisis des bananes pour les analogies, mais quand on se fait traiter d’individu qui utilise son anus dans les deux sens, n’est ce pas ?
Revenons à ta chatte. Tu as raison, ce n’est pas clair, j’ai oublié ta négation.
Si je dis, « comment va ta chatte volante ? », une chatte volante n’existe pas, il n’y a pas d’ ambiguïté. C’est un non sens.
« je n'écris pas de lois » et « je n'écris pas de journaux censés informer la population. »
C’est du même genre, ce que tu nies n’existe pas. L’inverse : « j’écris des lois, j’écris des journaux … » est faux. «…Censés informer la population. » est faux. Ce que dit là Meriem est irréfutable.
Quand on critique un journaliste, un politicien, etc…c’est l’individu que l’on critique.
En prenant la définition plus ou moins générale et convenue du journalisme ou de la politique, en critiquant le journalisme et la politique c’est encore des individus que l’on critique : « Les journalistes ou/et les politiques ne font pas leur boulot, ou mal ! »
En fait, ils font leur boulot. L’important c’est de donner la définition la plus précise possible de « en quoi consiste leur boulot ». Ça a l’air d’être évident ou idiot, mais à chaque fois que l’on parle par exemple de « journalisme citoyen », cela n’a pas de sens. Chaque fois que l’on dit faire de la « politique citoyenne » à l’intérieur ou en périphérie d’un partis politique, cela n’a pas de sens, comme la chatte volante.
Ecrit par : Henri A | 28.12.2008
Oui, confiance. Ca se met en place petit à petit avec chacun. Je sursautais tout le temps, moi, au début!
Mais je ne suis pas la seule, voir certains échanges en été:
Henri rit gentiment de mes aternoiements, je le traite d'enfoiré puis d'enculé et il pense que je le dis sérieusement et s'excuse et on est obligés de s'expliquer!
Quand je dis que ça me pompe de l'énergie, écrire pour parler, c'est vrai!
Et surtout parce que je décode de travers.
Et: oui, j'ai souvent besoin que Henri se serve de plus de mots pour dire la même chose pour m'aider à piger.
Je suis heureuse que petit à petit, la confiance soit là et aide aux échanges.
J'aime beaucoup cette petite bande.
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Ha, Henri, hello! On a commenté en même temps. Je lis et je reviens.
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Henri, ça veut dire que les journaux n'ont jamais été censés informer? Je me pose la question. Êst-ce qu'aucun journal ne cherche à informer?
Qu'une énorme majorité de journaux servent des intérêts très éloignés de l'information, je le crois.
Et que même si l'intention était d'informer, le but ne soit pas atteint: c'est sûr.
Donne-moi la définition qui te convient du bouolot de journaliste, que je vois ce que j'en pense.
Et sinon: intéressant, ça m'oblige à plus de précision: ce que je voulais dire, c'est que je n'écris pas dans les journaux que la population lit et qui influe sur ce que la population pense: je n'ai pas ce moyen d'influence.
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Le boulot de journaliste consiste à écrire dans un journal moyennant un salaire ou un avantage quelconque ( pub pour l'auteur ou une tribune pour exprimer son opinion ).
Changer le mot "écrire" par ce qui convient pour les autres médias.
Prenons le cas des inculpés de Tarnac et imaginons une équipe indépendante financièrement et idéologiquement qui enquêterait minutieusement pendant des mois sur le sujet ne négligeant aucuns détails et aucunes pistes. Cette équipe écrirait un livre vulgarisant correctement leurs recherches ( ce qui veut dire, proche de zéro erreur et en simplifiant ce qui est simplifiable ). Peut-on qualifier cette équipe de "journalistes" ou de "chercheurs" ?
Ecrit par : Henri A | 28.12.2008
Haa, mon rêve de journaliste, ça!
Ouais bon, un chercheur, j'imagine.
Mais ça devrait être un journaliste.
Et: ouioui, "ça devrait", c'est de l'idéalisme à la con.
Un vieux relent de mes études de journalisme inachevées (j'allais vers le journalisme lié au cinéma).
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
Je ne suis pas d'accord avec toi Henri.
Parce qu'un chercher est forcément objectif ? parce qu'un chercheur n'exécute pas son travail "moyennant un salaire ou un avantage quelconque".
Parce que soyons honnêtes :
"une équipe indépendante financièrement et idéologiquement qui enquêterait minutieusement pendant des mois sur le sujet ne négligeant aucuns détails et aucunes pistes"
ça, ce pourrait aussi bien être des journalistes que des chercheurs, dans les deux cas, ça n'existe pas ou tout au plus se rapproche de cette idéologie mais n'y sont pas.
Ecrit par : Ninis | 28.12.2008
Cela m'aurait étonné ! Venant d'une historienne en plus !
"Parce qu'un chercheur est forcément objectif ?"
Je n'ai pas parler, encore moins forcément, d'être objectif ou pas.
"parce qu'un chercheur n'exécute pas son travail "moyennant un salaire ou un avantage quelconque"."
Tout à fait, mais pas dans un journal.
"ça, ce pourrait aussi bien être des journalistes que des chercheurs, dans les deux cas, ça n'existe pas ou tout au plus se rapproche de cette idéologie mais n'y sont pas."
J'ai idéalisé la définition d'un chercheur, mais quel est le rapport avec la définition d'un journaliste ? Aucun, le journaliste écrit dans un journal. C'est la seule définition non ambiguë.
Quel est la définition d'un historien ?
Ecrit par : Henri A | 28.12.2008
Pardon d'avoir déformé tes propos.
Je parle d'objectivité car, il me semblait que c'est ce que tu insinuais par "moyennant un salaire ou un avantage quelconque".
Je lisais l'idée qu'un journaliste ne peut "informer" car il n'est jamais indépendant financièrement ou idéologiquement, qu'il ne traduit donc pas une information "objectivement".
Mais ceci est un point commun avec chercheur, un chercheur dépend toujours d'une idéologie et d'un financement (d'un financier surtout).
Biensur qu'on tend à se dépétrer de ça de plus en plus.
Un chercheur fait quand même valoir ses recherches, pas dans des journaux mais dans des revues tout de même, dans les périodiques, dans les grandes revues scientifiques, dans les colloques et les publications qui en émanent, ils cherchent à être publiés, reconnus.
Et pire que ce soit dans les sciences molles ou dures, les recherches sont toujours financées avec un but derrière.
Ce produit fait rajeunir ?
Les traces de nos ancêtres sur cette terre sont plus anciennes que les leurs ?
Cette frontière "naturelle" atteste que cette région nous revient de droit?
Je pense juste que tu peux faire les mêmes reproches aux chercheurs qu'aux journalistes.
La recherche historique est une science qui ne fut créée que dans le but de justifier les états nations.
La géographie est une science de guerre, et a servi à appuyer beaucoup de choses scandaleuses.
J'en passe et des meilleures pour la plupart des domaines de recherches.
Le métier de chercheur n'est pas d'informer les gens.
Le métier de journaliste consiste à écrire dans un journal, et un journal a pour but de communiquer et commenter l'actualité.
Bien-sur qu'un journaliste donne l'information au prisme de son regard, de l'influence de la société qui l'emploi, de l'orientation politique de son journal, de son vécu, de l'avis de son patron.
L'information ne sera jamais donnée abruptement, simplement qu'il y aura toujours la déformation humaine, rien que par le choix des mots que fera celui qui donne l'information.
Et même le récepteur de l'information l'appréhendera avec le propre prisme de son regard.
Mais on ne peut pas dire : les journaux n'informent pas.
Si.
Les journaux, ne sont pas l'opinion publique.
Les journaux ne sont pas la liste exhaustives de tout ce qui se passe.
et il ne faut pas oublier que l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence.
Mais les journaux, c'est de l'information, de l'information traduite au travers un regard, bien-sur.
Mais quand on voit ce qu'à permis la presse, les avancées que l'ont doit aux journaux, on ne peut pas dire qu'ils ne sont pas un important facteur d'information.
En tous cas je ne le conçois pas.
Historien.
Qui fait de l'histoire, étudie l'histoire, ou fait de la recherche en histoire.
Ecrit par : Ninis | 28.12.2008
Tout à fait d'accord avec ton commentaire, Ninis.
Ce que je voulais mettre au clair en définitive, c'est la différence entre l'individu, ce qu'il fait et ce qu'il dit qu'il fait.
Pour les chercheurs, c'est une réalité que tu décris. Idéalement cela devrait être autrement.
Pour les journalistes même le "idéalement" n'existe pas.
Par exemple, qu'est-ce qu'un bon historien par rapport à un mauvais ?
Maintenant, qu'est-ce qu'un bon soldat par rapport à un mauvais ?
Un bon infirmier ?
Un bon journaliste ?
Je vois deux sortes de bon la dedans.
Ecrit par : Henri A | 28.12.2008
Je perds de plus en plus le goût de l'information par le biais de la presse écrite (et audiovisuelle, je n'en parle même pas): je passe par d'autres biais.
Même pour des journaux que je trouve plutôt équilibrés à mon goût, il est important d'avoir une ligne éditoriale et ça forme un entonnoir qui s'étrangle au maximum pour aboutir, je trouve, à une poignée d'options d'informations; je suis déçue.
A propos de votre échange: éclairant.
Ecrit par : meriem | 28.12.2008
En fait, le journaliste livre UNE information. Les infos brutes qu'il a pu glaner, retranscrites à sauce (ce que Ninis cite : "au prisme de son regard, de l'influence de la société qui l'emploi, de l'orientation politique de son journal, de son vécu, de l'avis de son patron.", au minimum).
Là où ça devient délicat, c'est quand il fait mine d'oublier que c'en est une, d'info, et pas THE info, pure abrupte et tout ça, qui en réalité n'existe pas. Et que surtout, tout concourt (je veux dire : le système complexe de vases communicants d'intérêts et autres ) à ce que le récepteur décode le moins possible cette info.
Et ça, ça pose problème. Donc je ne jette pas le journaliste avec l'eau du bain, mais j'aimerais bien que ces deux points (et ceux que vous avez soulevés) nous restent à l'esprit. Or, ce n'est pas souvent le cas.
En revanche, c'est certain que le travail de bien des journalistes produit une somme d'infos qui restent disponibles à ceux qui sont en mesure de décoder et d'analyser tout ça.
Mais comment dire, l'existence de ces infos (et leur valeur certaine) ne produit pas magiquement la compétence de décoder et d'analyser chez le récepteur. Et je trouve que c'est ça qu'on nous vend souvent quand on parle de journalisme et c'est mensonger à mon avis, car incomplet.
Je ne sais pas si je suis bien claire, mais voilà. Bonsoir vous tous !
PS : meriem, c'est rigolo quand tu dis "plus de mots" en parlant d'Henri. On s'est souvent dit ça. Henri disant "ah mince, ya pas encore assez de mots, c'est ça?". et moi "ben, euh... il en faut au moins trois fois plus". Au fait Henri, chapeau bas, là, il y avait tout ce qu'il fallait.
Bises
Ecrit par : Iza | 28.12.2008
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