21.04.2009

Karpman ou pas

Il y a quelques semaines, ma mère, qui avait une bronchite et qui a les voies respiratoires souvent malades me dit

c'est le malade qui a le pouvoir

sur un ton de "ne te laisse pas avoir même par moi"

 

Mon père a des métastases osseuses et ma mère a une pleurésie.

 

Je sais que je peux sortir du jeu.

Je creuse doucement.

 

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Commentaires

Je dirais que cela dépend du malade et surtout de ce que l'on pense de la personne ( malade ou pas ).

Ecrit par : Henri A | 21.04.2009

Je demande plus de précisions pour mieux te suivre.
Ce qui me fait froncer les sourcils c'est "surtout de ce que l'on pense de la personne ( malade ou pas )."

Pour moi, ce qui se joue est largement plus souterrain que la pensée, et encore plus le conscient.

Pour mieux expliquer ce que je veux dire...: dans les rapports, chacun parfois cherche à "soulager sa tension" (et, non, pas comme ça bande de cochons-mais oui aussi), et les jeux sociaux font partie des moyens utilisés.
Le rapport avec la maladie, c'est la place que la maladie prend dans le rapport à l'autre.

Et la maladie prend parfois une place très claire et saine dans le rapport, il n'y a pas de souci.
Cependant, ce n'est jamais une place vraiment neutre, comme si elle n'était pas là, ce n'est pas possible.

Elle est là.

Il arrive qu'on ait du mal à dire non à quelqu'un de malade, ou au contraire qu'on cherche à se rebeller, et là ce n'est donc pas neutre du tout.
C'est là que je veux en venir, en fait, avec cette histoire de pouvoir.
Même quand la personne malade n'est pas tyrannique (et c'est vraiment le cas de ma mère), il y a des enjeux souterrains, des choses qu'on maîtrise mal.

Parfois ça donne:
Le discours conscient: Fais ce que tu veux, ne te laisse pas prendre.
Le discours inconscient: Occupe-toi de moi (ou sens-toi coupable)
Je sais que je semble dure avec ma mère mais c'est de l'amour en barre, ça n'empêche pas de tenter d'analyser (et elle fait pareil, ça picote aussi des fois).

Et pour finir, il faut que je précise un truc: je crois que quand je tombe malade, la maladie peut prendre sens pour moi.
Je ne dis pas que je tombe malade POUR ME FAIRE COMPRENDRE QUELQUE CHOSE DE LA PART DE L'UNIVERS.
Je dis que JE tombe malade et qu'il ya un sens POUR MOI.

Ecrit par : meriem | 21.04.2009

Je voulais dire plutôt ce que l'on ressent pour la personne.
Historique d'émotions et de pensées ( quand même ! ).

"Je ne dis pas que je tombe malade POUR ME FAIRE COMPRENDRE QUELQUE CHOSE DE LA PART DE L'UNIVERS.
Je dis que JE tombe malade et qu'il ya un sens POUR MOI."
Ben oui, ce qui se trouve à l'intérieur de ton envelope, c.a.d. 70% d'eau et 30% de viandes diverses et autres organes ( dont cette chose répugnante au touché qu'est le cerveau ) et les antennes qui vont avec te disent quelque chose.

Je suis d'accord avec ce que tu racontes à un détail près.
Si le malade a un passif négatif suivant mes critères, il ne risque pas de me faire chanter, c'est une sorte de punition.
Si mes sentiments sont neutres, j'essaie de me mettre à sa place ( symptômes, souffrances, gênes ) et si j'y arrive je deviens compréhensif.
Si j'éprouve quelque chose de positif, c'est automatique et j'en remets une couche en analysant ce que la maladie peut engendrer comme comportements et je deviens très compréhensif.
J'ai fais la très mauvaise expérience de minimiser la souffrance physique et psychologique chez un proche et en décelant justement des trucs genres jeux de pouvoirs.
Après avoir compris son état réel et l'amplification géante qu'est la solitude, après sa mort, je ne referais plus cette erreur que je paye encore.

Ecrit par : Henri A | 21.04.2009

Je te comprends beaucoup mieux.
Je dois préciser quelque chose (et c'est bien que tu ais attiré mon attention là-dessus): il ne s'agit pas de minimiser les souffrances et c'est vrai qu'il faut (que je dois) faire attention.
La maladie est réelle, les souffrances aussi et souvent (je me retiens de retirer "souvent") les jeux aussi.
Dans cette situation, la solitude ne guette personne; c'est moi qui n'y suis pas (à 300 bornes de l'un, sur un autre continent pour l'autre)...

Ce qui est bien en te lisant, c'est que je repasse du côté empathique et c'est important pour moi.

Mais toute cette histoire évidemment a un passé et ça se dénoue doucement.

Je veux aussi dire que j'ai vécu une situation différente (plusieurs, même) mais qui fait/font aussi écho où j'ai trop porté l'autre et ça a été tellement douloureux que je marche sur des oeufs (mais avec des gros sabots).

Moi je dis: le reste par mail parce que là on discute très personnellement, ce qui est agréable mais pas le lieu, quand je dépasse une certaine limite.

Et donc tu as touché un cerveau. Une cervelle, plutôt?

Ecrit par : meriem | 22.04.2009

A vous lire, sur ce sujet proche (très très proche) de moi.

J'ai envie de dire une chose.

Le jeu est aussi en nous. forcément. Dans "je porte l'autre", il y a aussi du bénéfice. Qui coûte très cher bien entendu, mais réel. Comme il y a du bénéfice à être victime par exemple.

Je trouve qu'il ya a quelque chose de très sain dans ta méfiance du début meriem à l'égard de l'empathie qui pourrait permettre à l'autre de nous envahir par exemple.

Cette attitude lui rend un peu de son autonomie, et du coup le respecte, aussi.

Considérer que ce n'est pas parce que l'autre est malade que sa responsabilité n'est pas engagée, c'est le considérer aussi comme faisant toujours partie du monde des vivants, à part entière. C'est exigeant, mais surement juste.

J'ai mis un temps dingue à faire ce chemin, et encore, je ne suis pas certaine de pouvoir l'appliquer à nouveau à l'avenir, mais je trouve important de se questionner.

Maintenant, j'ai lu ce que tu as écrit Henri, et je suis d'accord aussi. C'est une question d'équilibre une fois encore. S'interroger bien sûr, c'est déjà la moitié du chemin., au moins.

Bises à vous.

Ecrit par : Iza | 22.04.2009

Le tout étant "l'accompagnement", rendre la vie plus douce à celui qui souffre mais rester ferme ....Difficile ce chemin là, difficile aussi la suite (même des années après!).

J'ai du mal avec "la punition" mais il est vrai qu'il y a une logique en toutes choses, à côté de ça on ne peut minimiser la souffrance (chacun a son seuil de tolérance !).....

Et après.... il est quelquefois trop tard et le temps n'efface rien....il devient nécessaire de s'apaiser et d'accepter (!!)

Je m'y essaye en tous cas !!

Biz à vous

Ecrit par : Lychnis | 22.04.2009

Iza, tu vien de formuler un truc bon pour ma santé mentale: "Cette attitude lui rend un peu de son autonomie".

Lychnis, "la punition"? tu parles de la maladie?
nonnonnon, c'est plus inconscient que la logique de la punition.

Tous: ce qui se passe pour moi, c'est que la maladie de ma mère réveille un truc et je ne sais pas bien quoi mais je suis mal à l'aise, c'est donc qu'il y a un truc à creuser!

Et: c'est marrant, j'ai envie de continuer à discuter comme si on était en train de parler sauf que c'est écrit, que ça reste et je ne suis pas totalement à l'aise.
Pas décidé ce que je fais, je dis juste ça.

Ecrit par : meriem | 23.04.2009

Tous: ça vient de se dénouer, on est sorties du jeu.
En fait ça vient de me dire que si je traite l'autre comme un adulte autonome, ça aide tout le monde.
Mais putain que c'est dur de ne pas accourir au chevet et tapoter une main!

C'est incroyable que vous soyez toujours là avec vos réfléxions personnelles, ça m'aide bien, c'est enrichissant et éclairant.

Ecrit par : meriem | 23.04.2009

cet article, et les réactions qui suivent on fait frissonner mes os. parce que ça touche, si justement, à quelque chose de presque enfoui. j'ai décidément du mal a déterrer les mots, mais les sensations se réveillent. engourdie, je m'étonne de pouvoir encore ressentir ce que je croyais évanoui. j'aimerais réellement pouvoir transmettre plus mais ma gorge se serre a mesure que je tente de creuser, donc de dire. de me dire.
sans entrer dans le pathos, mais plutôt m'étonnant de l'étrangeté de cette état ou le débat me plonge, l'étrangeté de la situation vécue qu'il rappelle de façon quasi sensorielle a mon souvenir, l'étrangeté, l'étrangeté. comme un petit cri déchirant que je ne comprendrait pas, alors même qu'il sortirais de ma propre bouche.

Ecrit par : pia | 10.05.2009

pia, bienvenue!
Je suis touchée à la lecture de ton commentaire, j'entends ce que tu dis et "comme un petit cri déchirant que je ne comprendrait pas, alors même qu'il sortirais de ma propre bouche." ça me parle, ça me parle...
Ca me touche.

Ecrit par : meriem | 10.05.2009

coucou, je suis là et je lis. ça me touche aussi cette phrase.

Ecrit par : Iza | 13.05.2009

c'est rien que de la faute de Meriem tout ça. faut qu'elle arrête d'écrire des choses aussi vraies et aussi belles aussi (puisqu'elles sont Vraies).
forcément, moi je crie.
c'est biologique.
cognitif.
et puis plein d'autres mots très très trèèèès compliqués sensés expliquer des sensations très simples, trop simples pour être appréhendés simplement. forcément.

Ecrit par : pia | 14.05.2009

Iza, coucou!
(alors tu as bu un apéro avec une parisienne, il paraît?)

pia, merciiii!

Ecrit par : meriem | 16.05.2009

D'accord avec pia, exactement, à la virgule près.

Ecrit par : Henri A | 17.05.2009

Henri: depuis un jour ou deux, je me demande où tu es (juste parce que tu n'étais pas visible ici: j'ai un égo monstrueux).
Et voilà.
Merci.

Ecrit par : meriem | 17.05.2009

j'assume mon rôle de mentor avec soumission et humilité. ouais.
allez, a d'autres.
hahaha.

Ecrit par : pia | 17.05.2009

pia? j'ai pas compris, tu m'expliques?

Ecrit par : meriem | 17.05.2009

"D'accord avec pia, exactement, à la virgule près"
s'ensuit un peit dialogue intérieur, du genre :

ah oui, et si je devenais gourou? haranguerais les foules, je déplacerais les montagnes .... je ... hahahaha. allez ma cocotte, a d'autres. on se réveille.

Ecrit par : pia | 17.05.2009

D'accord, je vois mieux.
C'est marrant, ton dialogue, on dirait que tu as du mal à accepter de rassembler, ou disons à ce que tes mots conviennent à d'autres.

Ecrit par : meriem | 17.05.2009

"c'est rien que de la faute de Meriem tout ça. faut qu'elle arrête d'écrire des choses AUSSI VRAIE ET AUSSI BELLES aussi (puisqu'elles SONT VRAIES )."
Vrai -> beau Beau -> vrai
Je suis ok avec ça.

"forcément, moi je crie.
c'est BIOLOGIQUE.
COGNITIF."
Je suis ok avec ça.

"et puis plein d'autres mots très très trèèèès COMPLIQUES SENCES expliquer des SENSATIONS très SIMPLES, TROP SIMPLES POUR ÊTRE APPRÉHENDÉS SIMPLEMENT. forcément."

J'aurais remplacé "expliquer" par "décrire" pour la perfection.
Si tu ne te rends pas compte de l'intelligence et de la profondeur de ton commentaire, si tu ne l'a pas fait exprès, je ne peux rien pour toi.

Ecrit par : Henri A | 17.05.2009

non, j'ai simplement du mal a l'imaginer. mais heuh, tu sais, ces deux derniers messages n'étaient pas vraiment a prendre au sérieux ...

Ecrit par : pia | 17.05.2009

Henri is back, yeah!
Putain que mon égo aime ça, ces commentaires.
En même temps, c'est plus profond que ce que j'ai l'air de dire là.

pia, il semblerait que ça devienne une tradition: au début, je pige de travers quand je connais mal quelqu'un qui me touche. L'écrit...

Ecrit par : meriem | 17.05.2009

oh.

Ecrit par : pia | 17.05.2009

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