17.04.2009
les bleux du dedans
Anaelle
Anaelle
Anaelle
Il faut juste s'habituer. Le répéter assez pour que ça devienne fluide. Habituel.
Et que ça glisse sur moi, comme tout le reste.
Quand même,
On est passé de:
Le gamin qu'ils veulent tuer.
à
Anaelle est née cette nuit du 30 octobre à 00h07.
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Ils ont tapé mon pote.
Ils étaient 5.
Lui, seul et saoul.
Pour rien. Juste comme ça.
Ils ont tapé mon pote.
Ils l'ont laissé seul.
KO. Pour mort.
Ils ont tapé mon pote.
J'ai envie de revenir en arrière.
J'ai envie que ce soir là, il ne soit pas seul
J'ai envie qu'on soit plusieurs avec lui.
Ils ont tapé mon pote.
J'ai envie de faire comme les filles, d'avoir un sac à main.
J'ai surtout envie d'y mettre une lacrymo, un boîtier paralysant, et un .38
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Plus tard j'essaye de les convaincre
Le nouveau petit ami n'en démord pas, la vengeance ou rien, faire payer
Bête. Cromagnonesque. Humain.
Je ne le connais pas beaucoup. Tout va si vite.
Je suis venue pour elle. ça fait des jours que je me démène
Il faut faire vite. Texte de loi, possibilités, commissariat, forum, témoignages
Hôpital, Médecin. Porter plainte ou main courante.
Justice. Tu pourras avancer ensuite. Ne tombe pas aussi bas que lui.
ça s'est déjà produit. On voudrais que ce soit tellement loin que l'on est tous oublié.
Je n'ai rien oublié, je voudrais tant.
Mais cette fois tout est différent, cette fois elle était déjà partie. Et elle ne reviendra plus.
Le soir je l'ai retrouvé sur la grande place
T'as vu je me suis fait percée la langue.
Là? cet après midi ? Aujourd'hui?
Oui
J'aurais gueulé sur n'importe qui. Elle n'est pas n'importe qui.
Une fois, plus jeune, à l'internat on s'est faites enfermer dans la chambre
La serrure avait pétée à l'intérieur. Troisième étage. On est restées une bonne heure.
Un cpe a dû défoncer la porte.
Elle n'avait pas bougé, pas levé l'oeil, ne s'est pas inquièté une seule seconde.
Elle était au téléphone perchée sur la fenêtre, je l'entendais "là? ah ben on est coinçées"
Pendant que nous et tout le reste de l'internat de l'autre coté du couloir commencions à paniquer.
C'est mon amie
Juste qu'on habite pas sur la même planéte.
Quand je suis arrivée au lycée, quand je pensais que je n'avais plus rien, les premières semaines, où j'avais décidé que fumer des joints et boire dans les jardins du lycée était une meilleure alternative à aller en cours, c'est elle qui est venue me chercher, elle m'a dit "tu devrais monter avec moi à l'internat".
Et je ne l'ai plus quitté.
Aucun de nos amis de la fac ne sait ça,
aucun même ne peut le soupçonner vu les parcours d'ajourd'hui.
Elle tire sur sa cigarette
"J'ai réussi à lui balancer la pelle, BAM dans la nuque"
J'éclate de rire. Nerveusement.
Il raconte à tout le monde que c'est toi qui l'a tapé
"Quoi?" elle serre le poing
Il est minuscule, je pourrais le couvrir de ma main
Elle est si maigre depuis la première année, depuis l'autre connard
Elle était si belle quand nous étions au lycée, ses rondeurs si enviées.
"Ah si seulement j'avais pu le taper! pour de vrai!"
Tu te serais surement casser le point
il a téléphoné, j'étais au travail, il dit que tu t'es jeté sur lui
quand j'ai demandé si il t'avait répondu, il est rentré dans une colère folle
Je l'ai envoyé à l'appart, c'est Lou qui s'en est occupé
il parait qu'il a une griffure sous l'oeil
Les deux poignets sont ornées d'un bracelet de bleux
comme si elle avait portée des menottes trop sérrées
Les épaules, les bras, les jambes, le pied.
Je manque de m'étoufer
Elle dit "tu sais bien que je marque vite" comme pour me rassurer
En décembre de l'année d'avant
Elle avait aussi eu le tympan percé
et les yeux noir, pas un bleux pas un cocard. Non noir. On aurait dit qu'ils étaient mort.
Les moruses
c'est lui qui était venu me raconter sur internet.
"il s'est passé quelque chose hier soir" "pendant des heures" "elle n'a pas répondu une seule fois"
J'ai envie de lui dire que c'est une merde, une ordure
il le fait très bien tout seul
C'est mon ami aussi à l'époque et depuis longtemps.
On discute longtemps, on parle de se faire soigner de psy de thérapie de crise de folie
Et puis le temps passe et on oubli
Non, on vit avec
Lou et moi, on lui reparle de psy une ou deux fois
Pas mieux que les autres. Si elle pardonne, alors...
Ils sont tellement, tellement, drogués, alcoolisé, violent, toute leur relation
On a pas de mots. personne. Même pas moi.
Le lendemain elle vient à l'appart
Lou va dans la chambre
Il ne peut pas entendre
Et moi je réécoute pour la deuxiéme fois, ce recit de décembre.
Je dis, vis ici, on a de la place, tu crois que tu pourras pardonner ça, prend du temps s'il te plait
Mais elle ne fera rien, elle ne fait rien comme les autres
Il avait tant de pouvoir sur elle
A l'hopital, elle est passé devant le legiste pour constater
et un autre, et un autre, on constate le constat, on confirme la confirmation.
Là, la psy. On l'entend pleurer depuis la salle d'attente.
Sur l'évier des wc, je vais au même rythme qu'elle, silencieusement.
Je me suis tellement battue pour qu'elle vienne ici
On a tellement une part de responsabilité aussi.
Je comprend que c'est la première fois qu'elle réalise.
Dire qu'il disait, son père ce salaud.. blabla
Il ne vaut pas mieux
Elle croit au fond, que ça doit venir d'elle
Son père, la nuit sur la plage, et ça
Lachez la maintenant.
Il pavane maintenant,
On a parlé une dernière fois, il disait "elle vous manipule tous alors"
"n'importe quoi ladernière fois? la tabasser pendant trois heures? tu délires ma pauvre"
Je lui ressors la conversation où il me détaille tout
"c'était une expression voyons"
j'aimerais tapisser les murs de sa chambre de cette conversation, le rendre encore plus fou
il peut faire le fier maintenant, dans les jambes de maman et papa
Des parents peuvent ils ouvrir les yeux sur leur enfant ?
Trop saoul une fois, il s'était fait un cocard à l'oeil en tombant
Quand il est retourné vivre chez eux, il leur a dit "vous vous souvenez le cocard? eh bien c'était elle!"
Peu importe ce qu'on lui dit, il a une longueur d'avance, préparer le terrain
Il n'est qu'une terrible victime, il a trouvé une fille qui le plains
et d'autres gens surement,
et qui nous trouve horrible, nous ses amis qui l'avons abandonné
Presque personne n'a vu les bleux à part moi, le sang, les cicatrices, les marques
si quelqu'un ose me dire à moi, que j'ai tort, que j'ignore la vérité,
je sais la colére dans laquelle je pourrais rentrer, je pourrais l'empoigner par les cheveux et lui raconter toutes les horreurs qui me reveillent encore la nuit.
Et quand j'ai cru qu'on allait gagner
par dessus tous ses mensonges, ses dires, ses mesquineries, ses coups bas
Il a téléphoné à ses parents, ses parents réac
Ses parents qui habitent eux aussi sur une autre planète, mais très loin celle là
Il leur a dit, -alcool-, disputes, souvent, petite bagarres
connard, connard, connard
Ils ont appellé leur fille, ils ont engueulé leur fille, ils ont découragé leur fille,
Plus de courage, plus de force, trop difficile, passer à autre chose.
Elle portera pas plainte
Je vomirais toute la nuit
Je ne pense qu'à une chose
une bate de base ball et ses deux genoux. et ses dents. et ses bras. et son ventre. son gros ventre gras.
vengeance, vengeance, vengeance.
A.
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15.04.2009
Gris comme
17:43 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Printemps?
Pas de jardin....
Pas de balcon..
Alors une fleur d'appartement sur le mur!....

10:05 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.04.2009
Fratellenza 2
Il est venu il y a 2 ans.
ça me paraissait si long, son absence.
Elle était avec lui, alors elle posait des tas de questions.
Je me suis rendue compte qu'à chaque rencontre, nous avions une façon à nous de nous parler. J'avais l'impression qu'on se disait tout, mais j'ai découvert à cette occasion qu'on prenait beaucoup de précautions en fait, pour ne pas se blesser.
Entendre nos bouts de récit adressés à quelqu'un d'autre, c'était très violent.
Je le revois à 7 ans. J'ai 9 ans. Nous sommes dans le jardin sur les marches. J'entends la voix de sa mère, rauque comme elle était quand ça n'allait pas. Je n'entends pas mon père.
Soudain un très grand bruit, sa mère vient de renverser la très grande table, celle où étaient dressés les gâteaux et les jus de fruits de son anniversaire. Les autres enfants sont loin, ils n'ont rien entendu encore.
Il est à côté de moi, on ne dit rien. On est juste ensemble. On sait, c'est tout. et on sait qu'on va vivre avec, avec ses bougies de 7 ans jamais soufflées et ce bruit dans nos oreilles.
Il écrit des choses magnifiques, qui me font pleurer.
Pendant des années, j'ai eu honte avec lui de ce que je ressentais pour son frère. J'avais peur que ça lui fasse mal. ça lui faisait mal. Nous partagions beaucoup de choses, mais peu à son sujet. Il y a deux ans, c'était encore pire (si c'était possible) d'en entendre plus sur leurs rapports à tous les deux.
J'avais vaguement l'impression de me la raconter à propos de sa violence.
Dans sa bouche à lui, elle était intacte, elle était pire, elle était intolérable.
Il me manque souvent,
Je l'aime tellement.
Mon "frère".
10:56 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.04.2009
Fratellenza
Il est là au bout de la table
5 ans que nous ne nous étions pas vu
Si vite passés
J'avais bien soigneusement oublié sa venue, jusqu'à hier
Ce soir premier repas. Ils restent une semaine, mais je ne suis pas en vacances.
La soirée de ce soir. Mercredi son anniversaire, 40 ans. Dimanche peut-être.
Il dit des choses comme "quand je marche le sol tremble (en bandant ses muscles et creusant ses joues avec le même geste que quand il avait 10 ans); "ils mangent du couscous devant ma porte, dans ma cité c'est Islamabad, tu sais 16/9" (il fait un geste de rectangle devant les yeux, rire gras); "tout le monde rêve d'une maison tu sais, surtout quand on vit dans une cité" (quand je raconte mon histoire de maison envolée).
Il regarde tout le temps si je le regarde. mes yeux arrivent à peine à se poser sur lui. Il roule des mécaniques en se dandinant d'un pied sur l'autre.
Elle est jolie. Et toujours juste, quand lui crisse à chaque intervention. Leur fille sourit tout le temps. Sans rien dire. Elle est toute belle.
L'amour de mon père. Inconditionel.
La patience de ma soeur. Toute entière dans le devoir et l'abnégation.
Moi ....
Je serre les mains sous la table. Je repars avec des flots de larmes au dedans. Ca me fait juste mal de les voir. C'est difficile.
Et pourtant je ne le déteste pas. Je crois que je ne l'aime pas non plus.
Il fait partie de ma vie.
Mon "frère".
23:07 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.04.2009
Un jeu de cerveau
Je vous propose une espèce de jeu de jeux de mots.
Ceci n'est pas de moi, mais d'un pote que je connais depuis 25 ans.
Le parolier entre autres de notre groupe quand on étaient petits.
Voilà, je poste des définitions étonnantes de mots et il faut les deviner.
Par exemple ( je l'ai déjà utilisé ):
Petit cleps de vampire CARPACCIO
Allez !
Poisson qui se planque pour téléphoner
Particule en manque
Planquer des gants
Bâton qui pue
Souder des bus
Mettre le feu en route
Mec bien habillé
Faire caca sur un copain
22:22 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : et, ou, le, la
10.04.2009
Et encore
Pas facile
de voir les couples autour de nous se disputer, se déchirer, s'abreuver d'insanités....Crise de la quarantaine (sûrement), manque de communication (sans doute), le couple surinvesti (!!).
Querelles virant au cauchemar relationnel....relations conflictuelles.....Solitude existentielle.
Et pourtant, il est souvent nécessaire de "procéder à des ajustements"....se retrouver soi (avant tout) avant de retrouver l'Autre.
et les enfants dans tout ça ?? Il me peine de les voir partir à la dérive, de leur demander de choisir.
Les mots se bousculent.
Il ya tant à dire (mais à écrire cela devient plus compliqué), trouver les mots à travers les émotions (gloups!).
Ly.
12:53 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.04.2009
Et puis...
12:46 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lâcher prise
Bon évidemment, j'ai peut être pas choisi le meilleur moment, vu que Leny s'apprêtait à marquer la période d'un acte décisif .... j'suis pas sûre d'être dans l'ambiance à fond, mais bon ...
Ce n'est pas de moi mais de Flaubert, c'était dans "de ça je me console" (Lola Lafon) qui m'a tant plu la semaine dernière.
"Les gens légers, bornés, les esprits présomptueux et enthousiastes veulent en toute chose une conclusion ;
ils cherchent le but de la vie et la dimension de l'infini.
Ils prennent dans leur pauvre petite main une poignée de sable et ils disent à l'Océan :"Je vais compter les grains de tes rivages."
Mais comme les grains leur coulent entre les doigts et que le calcul est long, ils trépignent et ils pleurent.
Savez-vous ce qu'il faut faire sur la grève ? Il faut s'agenouiller et se promener"
"dans leur pauvre petite main", ça me fait tout pleurer.
"je vais compter les grains de tes rivages", ça me fait tout rire. ....
Et après ? j'apprends à me promener...
10:41 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.04.2009
Fuck le titre bande de nazes
Et après l'éjac' face?
...
ben t'as les cheveux qui collent.
Signé la Pouffiasse "ça te va comme signature?" "oui mais nan t'assumes pas là" "rhaaaa fait chier" "en même temps je dis rien a personne je peux pas t'aiguiller toi" "merde" " bon a y est j'ai fait caca sur ton blog" " t'es toujours là?" "ouais bon de quoi on parlait deja?" "elle est bonne ta poire?" "ouais bien mûre" "bon attend j'arrête et jte reprend" "mouahahaaaa"...
22:37 Publié dans Les clés du Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note






